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      Jean-François Lesueur, né au hameau du Plessiel, sur la commune de Drucat près d'Abbeville le 15 février 1760 et mort à Paris le 6 octobre 1837, est un grand compositeur. Il serait issu d'une illustre et ancienne famille de Picardie et serait un petit-neveu du célèbre peintre Eustache Lesueur (1617-1655). Son élève, le compositeur Hector Berlioz décrit « une ancienne famille du comté de Ponthieu, dont plusieurs membres ont rempli avec distinction divers emplois dans le militaire, la robe, le sacerdoce, les lettres et les arts ». Mais, selon René Tiron, son condisciple à la maîtrise de la Cathédrale d'Amiens, il était né d'un « pauvre paysan ». Un Mémoire de 1802 indique de son côté que Lesueur était « né d'un simple cultivateur ».

      À partir de 1767 environ, le jeune garçon est d'abord élève du choeur d'enfants de l'église Saint-Vulfran d'Abbeville puis, en 1770, il est « enlevé » aux chanoines de Saint-Vulfran par son père, qui présente cet élève doué, à la voix magnifique, devant le chapitre canonial de la cathédrale d'Amiens. Dans ces deux écoles, il reçoit une formation vocale et musicale approfondie. Il est également formé au latin, à part égale. Dans toutes les maîtrises de France (et d'Europe) l'ambition séculaire est de former des enfants afin qu'ils puissent devenir des musiciens professionnels et des compositeurs. Devenus adultes, la plupart d'entre eux exerceront en effet un métier musical, dans le domaine religieux aussi bien que profane.

Ensuite, d'octobre 1776 à juillet 1777, Lesueur poursuit des études au collège d'Amiens (les anciens collèges des Jésuites sont les ancêtres des lycées). Il y reçoit aussi un enseignement musical, proche de celui qu'il avait reçu dans les chapitres collégiaux, le théâtre scolaire en plus (théâtre avec chant, instruments et épisode de ballet).

Maître de musique

     En 1778, il est nommé maître de musique (c'est-à-dire maître de chapelle) de la cathédrale de Sées en Normandie, puis vient à Paris pour se perfectionner dans l'harmonie auprès de Nicolas Roze, maître de musique de l'église des Saints-Innocents et grand spécialiste de cette discipline. Lesueur est nommé maître de musique à la cathédrale de Dijon en 1779, puis du Mans en 1782, puis à Saint-Martin de Tours en 1783 avant de succéder à Nicolas Roze lui-même aux Saints-Innocents à Paris. En 1786, il est reçu après concours au poste de directeur musical de Notre-Dame de Paris.

Appelé lui aussi « abbé » dès 1784, Lesueur ne fut jamais prêtre, et, lorsque le chapitre de Notre-Dame de Paris le lui demanda, il refusa même de le devenir, étant donné « son aversion prononcée pour l'état ecclésiastique » (Mémoire de 1802). Ce refus entraîna une brouille entre le musicien et ses employeurs.

En 1786, pour la fête de l'Assomption (15 août), il a l'idée d'ajouter un orchestre important à sa musique et remporte un très grand succès. Il recommence pour les fêtes de Pâques, de la Pentecôte, et de Noël, attirant à chaque fois une telle foule qu'on ne tarde pas à appeler la cathédrale Notre-Dame l'« opéra des gueux », mais suscite la controverse dans le monde ecclésiastique et musical. Il réplique à la polémique dans une brochure intitulée Exposé d'une musique imitative et particulière à chaque solennité (1787). Le chapitre décide finalement de réduire le budget de la musique ce qui contraint Lesueur à renoncer aux importantes masses orchestrales qu'il affectionne et l'amène à démissionner en 1788. A l'automne 1787, Lesueur est renvoyé, pour « absence et désertion ». Il voyage à Londres puis, de la fin de 1788 jusqu'en 1790, loge chez Jean Bochart de Champigny, chanoine de Notre-Dame (mort le 9 juin 1790)

Lesueur revient à Paris en 1790, année où la Révolution supprime et disperse les chapitres ecclésiastiques (et donc renvoie leur personnel). Cette décision autoritaire avait entraîné une fin de carrière prématurée pour la presque totalité des musiciens d'église, dans toute la France. Ceux-ci représentaient la grande majorité des musiciens professionnels du royaume. Forcé de se reconvertir, Lesueur donne, avec succès, trois opéras au théâtre Feydeau : La Caverne ou le Repentir (1793), Paul et Virginie ou le Triomphe de la vertu (1794), Télémaque dans l'île de Calypso ou le Triomphe de la sagesse (1796). La composition de La Caverne avait débuté pendant qu'il était retiré chez le chanoine Bochart, entre la fin de 1788 et 1790. La composition de Télémaque avait débuté bien plus tôt, dès 1784-1785, alors qu'il exerçait aux Saints-Innocents.

      Nommé professeur de l'École de la Garde Nationale le 21 novembre 1793, il est élu, en 1795, membre de la Commission des études et nommé Inspecteur au Conservatoire, nouvellement fondé par la Révolution. Avec Etienne Nicolas Méhul, Honoré Langlé, François-Joseph Gossec et Charles-Simon Catel, il rédige les Principes élémentaires de la Musique et des Solfèges du Conservatoire. Ne parvenant pas à faire accepter ses opéras Ossian ou Les Bardes et la Mort d'Adam, auxquels l'Opéra préfère la Sémiramis de Catel, Lesueur publie un violent pamphlet, Projet d'un plan général de l'instruction musicale en France, dans lequel il attaque le Conservatoire, ses méthodes et son directeur. Cette charge lui vaut sa révocation le 23 septembre 1802.

Privé de ses appointements, Lesueur se trouve presque réduit à la misère lorsqu'en 1804, Bonaparte le nomme maître de la chapelle des Tuileries, en remplacement de Giovanni Paisiello. Temporairement différé par Nicolas Dalayrac dont Le Pavillon du Calife tombe, il donne alors son œuvre la plus célèbre, Ossian ou Les Bardes, qui remporte un immense succès à l'Opéra et devient l'opéra préféré de l'Empereur, qui accorde au compositeur la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Lesueur compose ensuite la Marche triomphale du couronnement de Napoléon et, à cette occasion, dirige à Notre-Dame une messe de Paisiello et un Vivat de l'abbé Roze. En 1813, il est nommé membre de l'Académie des Beaux-arts.

     À la Restauration, il est nommé compositeur de la chapelle de la cour et chef d'orchestre de l'Opéra. Le 1er janvier 1818, il est chargé de la classe de composition au Conservatoire où il a comme élèves Hector Berlioz, Ambroise Thomas, Charles Gounod, ,Xavier Boisselot, Louis Désiré Besozzi et Antoine-François Marmontel. En 1825, il est chargé d'organiser et de composer la musique pour le sacre de Charles X dans la cathédrale de Reims.

Œuvres

     Outre trois Messes pour chœur et orchestre, des oratorii ainsi que des cantates et une vingtaine d'hymn,es révolutionnaires ou d'œuvres de circonstance, Lesueur produisit un certain nombre d'ouvrages lyriques, pendant et après la Révolution. Dans ceux-ci, note Emile Vuillermoz, « Lesueur recherche des effets scéniques nouveaux, exige des décors compliqués, une figuration considérable, des accessoires saisissants, des animaux dressés, et dépense une érudition déconcertante dans le domaine de l'antiquité classique et dans celui d'un exotisme plus ou moins conjectural. Il est hanté par les présentations grandioses et les instrumentations exceptionnelles » Il annonce ainsi, dans une forme encore classique, le grand opéra romantique, comme les essais d'exotisme des tragédies de Lemierre annoncent le drame romantique.

Source Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-François_Lesueur

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Date de création : 17/05/2018 22:36
Catégorie : Histoires - Personnalités Abbevilloises
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