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     Qu'est ce qu'une barrière défensive ? On désigne ainsi l'ensemble des éléments naturels ou non exprimant la fonction d'obstacle frontalier et constituant ainsi une fonction défensive. Il peut s'agir de rivières, fossés, marais, murs, murailles, remparts, fortifications, bastions etc. Tout ce qui introduit "une perturbation notable des flux, dans le sens de leur réduction ou de leur détournement". (source: geoconfluences.ens-lyon.fr).

      Les premières barrières défensives de la ville se retrouvent donc vers 500 avant J-C à l'état naturel puisqu'elles furent constituées par l'élément majeur qui fit la renommée d'Abbeville, c'est à dire L'EAU. 

      A cette époque, les Celtes, ou Gaulois d'origine celtique précisément s'installent en Picardie en construisant des huttes de branchages et torchis concentrés autour de plans d'eau.
En l'an 55 avant J-C, les légions romaines de Jules César envahissent la Gaule et les habitants de notre future cité se réfugient sur une petite île dont les cours d'eau l'entourant en constituent les toutes premières défenses naturelles. Cette petite île est délimitée au sud par la rivière de l'Hôtel-Dieu, à l'ouest par la Somme, à l'est par l'ancien canal marchand et au nord par le Pont Neuf. La principale rue de cette petite île sera très vite baptisée "rue de l'Isle" et la deuxième artère "rue de l'Islet" ( petite île ) qui donne par la suite du fait des dérivations linguistiques la rue du Lillier.
Nous avons donc ainsi un petit territoire défendu naturellement, renforcé par quelques palissades à l'intérieur desquelles on bâtit des huttes.

rempart gaulois.JPG

Pour accéder à celui-ci, trois entrées possibles:

  • Le Pont à Poissons ( brouettes par la suite)
  • Le Pont de l'Isle
  • Le Pont Neuf.

Ce n'est qu'en 990, après qu'Hugues Capet ait enlevé Abbatis-Villa aux moines centulois et craignant de nouvelles invasions barbares que celui-ci la fit clore de grandes enceintes de murs et fosses. Ainsi mieux protégée mais cependant accessible parfaitement au commerce maritime et gouvernée par les Comtes de Ponthieu depuis Hugues de Montreuil, gendre d'Hugues Capet, cette petite bourgade va alors très vite se développer. 

Lorsqu'en 1184, Abbeville devint commune grâce à Gui de Ponthieu, Guillaume Talvas II, de Jean de Ponthieu, son père et de Guillaume Talvas Ier son grand-père qui avait commencé à sentir la colère gronder, la première enceinte fut remplacée par une autre plus étendue. Ces fortifications passaient approximativement par les actuelles place du Grand Marché (Jacques Becq), la rue Boucher de Perthes, la rue de l'amiral Courbet, le moulin du Roy, la rue des grandes écoles et quai du Pont Neuf. Les portes d'entrée de la ville étaient La Porte au Sel (entrée de la rue Boucher de Perthes), la porte Comtesse  (rue des Lingers, à coté de l'école du Pilori), la porte du Pont aux Bouchers (place de l'amiral Courbet) et la porte du Pont Talance. Au delà de ces portes, les faubourgs commençaient à apparaître tout doucement: Saint-Gilles, Du Bois, Saint-Jacques, Saint-Jean-des-près, Bourg du Vimeu.
Cette deuxième enceinte, légère et construite à la hâte donne place au XIIIème à une troisième enceinte, plus solide et plus étendue englobant les quartiers Saint-Gilles, Du Bois, Marcadé et D'hocquet. Les portes Saint-Gilles, Du Bois, la vieille porte Marcadé et la porte d'Hocquet font alors leurs apparitions. Le château comtal, agrandi par Edouard Ier d'Angleterre alors comte de Ponthieu, se situe désormais dans les remparts urbains en 1279.

En 1461, Louis XI monte sur le trône et s'occupe du rachat du comté de Ponthieu dans une France dévastée, exsangue à la fin de la Guerre de Cent Ans. Celui-ci vint à Abbeville tout à fait incognito le 27 septembre 1463. Face à Charles Le Téméraire et par maintes négociations, il arrive à retirer la ville de la domination anglaise une nouvelle fois, tant il apprécie cette ville. Tant et si bien qu'il fit de nouveau développer les fortifications: la grande muraille d'enceinte entre Saint-Jean-des-Près et la porte d'Hocquet est alors érigée.
La cité est maintenant entièrement close. 

Au cours de ce XVème siècle, de nouvelles constructions voient le jour:

  • Eglise Saint-Gilles, deuxième du nom (1414-1485)
  • Hôtel de la Gruthuse (1493)
  • Couvent des minimes (1500)
  • Trésorerie, attenante au Beffroi
  • Début de la construction de la collégiale Saint-Vulfran (1488)
  • Eglise Saint-Jacques, deuxième du nom (1482)
  • Saint-Sépulcre
  • Notre-Dame de la Chapelle, première du nom 
  • Une imprimerie dans le refuge de l'abbaye du Gard construite en 1250.

A la mort de Louis XI en 1483, son successeur Charles VIII vint faire connaissance de la ville d'Abbeville en 1493 et admira cette ville qui se relevait de ses ruines, sa trentaine de clocher et le style gothique flamboyant de la Renaissance prenant forme sur une collégiale toute neuve.

Le successeur de Charles VIII fut également très présent dans notre ville puisqu'il s'agit de Louis XII. Il y laisse son empreinte de par ses troisièmes noces avec la princesse Marie, 18 ans, soeur d'Henri VIII d'Angleterre. Entré par la porte Saint-Gilles, il fut accueilli par le corps municipal lorsqu'il vint célébrer ses fiançailles. Il séjourna à l'Hôtel de la Gruthuse afin d'y attendre sa promise et l'accueillit en grandes pompes le 8 octobre 1514 porte Marcadé. Les noces furent célébrées en présence notamment du Comte d'Angoulême son cousin, le futur François Ier. 
Pour l'anecdote, la maison dite "de François Ier" rue de la tannerie a été détruite par les bombardements de 1940. Mais rien à ce jour ne prouve qu'il y soit réellement passé.

Pendant des siècles de guerre, d'invasions, de famine et de peste, Abbeville se bat comme elle le peut pour rester liée à la couronne de France, se battant contre Italiens, Espagnols, Anglais, Wallons et Flamands.
La guerre a ruiné le Ponthieu et le Vimeu. Henri II, successeur de François Ier autorise la ville à faire un emprunt et fit construire le bastion de Longueville, bastion sur lequel fut sculpté ses armoiries en signe de reconnaissance.

bastion longueville avec armoiries.JPG

Après ce court répit, les guerres de religion allaient malheureusement éclater. Celles-ci, très sanglantes le seront peu sur la ville même. En 1598, Henri II signe l'Edit de Nantes qui met fin à ces guerres. Néanmoins, les étrangers et plus particulièrement les Espagnols continuent de dévaster le Ponthieu. A cela s'ajoutent deux épidémies de peste tuant plus de 12 000 personnes.
Mais Abbeville se développe malgré tout. Le château des comtes de Ponthieu devient une prison: la Cour Ponthieu (jusqu'au XIXème siècle), et sont bâties plusieurs églises: les Minimes (1504), Saint-André (1528), Rouvroy II (1528) et Saint-Paul (1528-1556).
Le 21 janvier 1597, Henri II ordonne de consolider les fortifications et d'achever les boulevards attenant aux portes Saint-Gilles, Du Bois et Marcadé. La porte Marcadé est alors déplacée, laissant à la première le terme de "vieille porte Marcadé".

Nous sommes maintenant en pleine guerre contre les Espagnols.
Le 29 octobre 1636, le cardinal Richelieu vint à Abbeville pour le renforcement des défenses. De nouvelles fortifications sont encore élevées. Le Roi en règne, Louis XIII vint plusieurs fois sur Abbeville. Lors de son deuxième séjour, en compagnie du Cardinal, il voua son royaume à la vierge Marie en l'église des Minimes. Le voeu de Louis XIII ainsi formulé sera célébré de nombreuses fois le 15 août (cf. article "Le voeu de Louis XIII à Abbeville)
Les modifications apportées aux fortifications par Richelieu consistent en un renfort de la porte d'Hocquet au pont des Près le long de la Somme et un épaississement des murs de la porte Saint-Gilles à la porte d'Hocquet. Les marais, rivières et fossés qui constituaient les remparts naturels sont volontairement inondés. Abbeville est alors la ville frontière, forteresse la plus proche de la Baie de Somme.
En mai 1689, l'ingénieur militaire Vauban, ministre de Louis XIII dénombre 5000 à 6000 bourgeois pour porter les armes, ce qui rendrait la cité capable de résister à toute attaque ou siège.

plan 1698.JPG


En 1762, la grande muraille de Saint-Jean des Près jusque la porte d'Hocquet est élargie pour rendre le rempart plus carrossable.


La Révolution se passe plutôt sans trop de dégâts sur Abbeville malgré la destruction d'églises et la mutilation de la collégiale qui se voit privée de ses jolies fleurs de lys et devient le Temple de la Raison et de la Vérité.
Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1795, un incendie détruit l'hôtel de la Gruthuse emportant les nombreux objets d'art qu'il contenait, la porte Comtesse est détruite.

La place forte d'Abbeville et ses remparts sont déclassés en 1867, la démolition des fortifications commence dès 1869 pour se terminer en 1906. Cependant, elles ont rendu grand service en 1870 lors des invasions prussiennes. Le 1er décembre, le préfet décide de faire d'Abbeville la préfecture, les baïonnettes se dressent le long des remparts. Les Prussiens qui se sont approchés à trois reprises de la ville ont pu juger des mesures efficaces de la population et se sont éloignés. 
En 1871, les canons sont en place sur les remparts et d'autres dans la cour de la caserne Dupré. Les espions sont jugés et fusillés au Carré de Six. Grâce aux fortifications, Abbeville a efficacement résisté.

Plan fortifications en 1816 - Copie.jpg

Celles-ci sont massives avec intra-muros des chemins de ronde bien entretenus, trois portes d'entrée: Saint-Gilles, Du Bois et Marcadé. Après le déclassement militaire de 1867, elles sont petit à petit démolies pour laisser place à des boulevards facilitant la circulation devant le progrès et l'apparition de nouveaux moyens de locomotion. Entre la porte Marcadé et la porte Du Bois naît le boulevard de la République, le boulevard de la portelette voit le jour en souvenir de ces remparts où subsistent encore à ce jour les vestiges de la porte Maillefeu. Le boulevard Voltaire le long du canal de transit longe les anciens remparts de Saint-Jean des Près à la porte d'Hocquet.
En 1905, il existe encore la partie la plus pittoresque des fortifications: entre porte Du Bois et porte Saint-Gilles avec intra-muros une longue avenue d'ormes ( plantés sous Vauban ?), on y distingue le moignelet (où sera construit quelques années plus tard le théâtre municipal) et face à la rue à Borel, encore aujourd'hui, nous distinguons parfaitement les cachots situés sous le bastion de Longueville avec lourdes portes et gros verrous.

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Le moignelet, les bastions demi lunes et contrescarpes seront détruits pour laisser place au Boulevard Vauban. Seule une partie du bastion de Longueville, baptisée Carré de six depuis des siècles sur laquelle figurait le sceau de Louis XII reste à ce jour encore visible, tel un témoin du passé militaire et fortifié de notre bonne vieille ville d'Abbeville.  

Pour plus de photos, rendez vous dans la galerie où se trouvent les photos originales pour certaines du démantèlement des fortifications entre 1900 et 1905. 

  


Date de création : 22/10/2017 22:16
Catégorie : Histoires - Autre
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